CPF et poupées russes

 Daniel VATANT, Consultant, Ex-Directeur d’Habitat-Formation

 

CPF et poupées russes

Après la réception du document d’orientation du Gouvernement sur la formation professionnelle, les partenaires sociaux ont engagé comme prévu une négociation. Une douzaine de séances sont programmées jusqu’au 16 février 2018, donc un peu au-delà du délai souhaité par le Gouvernement. Les partenaires sociaux ont également voulu réorganiser le menu proposé en cinq blocs. Le premier, « Droits et accompagnement », a été traité en ouverture de la négociation le 24 novembre. Contrairement à l’habitude, la partie patronale n’a pas proposé d’emblée une trame d’accord. On discute, on échange, on s’observe…

Sans surprise, le sujet CPF / CIF a focalisé l’attention. L’objectif du Gouvernement de faire du CPF « l’unique droit personnel à la main des individus » ne fait pas l’unanimité. L’attachement au CIF reste fort mais l’idée de rapprocher CIF et CPF fait toutefois son chemin et l’idée a été émise d’organiser une sorte de CPF à deux vitesses, en forme de poupées russes, avec un plafond d’heures éventuellement relevé par exemple à 400 heures et une possibilité d’aller jusqu’à 1 200 heures pour des démarches de reconversion, avec dans ce cas un « droit d’absence », vocabulaire qui semble vouloir éviter le mot « congé ». Parlons clair : si un tel droit à absence existait pour des formations longues, quelle serait la différence avec l’actuel CIF ? S’il n’y en a pas, gardons le CIF ! Mais on sent bien que les choses risquent de se passer différemment.

Par ailleurs, une fois n’est pas coutume, une unanimité s’est exprimée sans difficulté sur un point : le refus de la monétarisation du CPF suggérée par le Gouvernement. Pour les partenaires sociaux, time is not money !

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